Recherches

Rédigé par : stivionade

Créé le 25 février 2010
Révisé le 03 février 2011

  1. Sang universel par traitement enzymatique
  2. Sang artificiel
  3. Production de sang in vivo
  4. Production de sang à partir de la peau humaine
  5. Nouvelle méthode d'inactivation des produits sanguins

 

  1. Sang universel par traitement enzymatique :

Des chercheurs de la firme californienne Zymequest, du CNRS de Marseille et de l'université de Copenhague ont isolé, après exploration de 2500 espèces de bactéries et de levures, des enzymes spécialisées, capables de décaper à la surface des globules rouges humains, les antigènes des groupes sanguins ABO.
Ce « nettoyage » permet de faire un sang universel, transfusable à tous les êtres quel que soit leur groupe sanguin. Une telle découverte de laboratoire, publiée dans la revue d'avril 2007 de Nature Biotechnology, si elle franchit avec succès les essais cliniques humains en cours, serait une révolution formidable de la transfusion sanguine, étant donné la rareté actuelle des donneurs universels O.

Or, il y a vingt-cinq ans, Jack Goldstein (New York Blood Center) eut l'idée pionnière de débarrasser les globules rouges A ou B de leurs antigènes, ce qui revenait à en faire des globules rouges de type O, le donneur universel. Il était parvenu avec des enzymes (extraites de grains de café vert) à transformer en éprouvette des globules rouges B en donneurs universels O en 1982. Il a fallu plus d'un quart de siècle pour faire vivre ce rêve pionnier : les chercheurs ont découvert dans une bactérie, Elisabethkingia menigosepticum, une famille d'enzymes (N acetylgalactosaminidase) présente uniquement dans les cellules bactériennes. Deux de ces enzymes ont été isolées, purifiées, caractérisées, et fabriquées dans des bactéries génétiquement modifiées. « Nous avons travaillé sur la structure et le mécanisme très rare d'action de l'enzyme. Sa vitesse d'action est considérable », expliquent Yves Bourne et Bernard Henrissat (CNRS, université Aix-Marseille).

L'enzyme de conversion A, nommée Azyme, a déjà fait l'objet d'essais cliniques humains terminés en décembre 2006. Soixante et un patients du groupe A ont reçu 300 injections (5 par patient) de faible quantité de leurs propres globules rouges traités par Azyme, débarrassés de leur antigène A. Sans réaction de transfusion notable.
Un autre essai dit « allogénique » de la firme californienne Zymequest est en cours : il utilise des donneurs d'un autre groupe que les receveurs. Le sang des premiers, décapé par l'enzyme et lavé par une machine automatique, est injecté aux seconds. Comme ils sont d'un groupe différent, leurs anticorps naturels réagiront immédiatement avec les globules rouges qui n'auraient pas été totalement débarrassés de leur antigène de groupe.

À l'Institut national de la transfusion sanguine (INTS), on reste très réservé. Le Pr Phillippe Rouger estime qu'« on est plus dans le business d'annonce que dans la science. Rien ne dit que tous les antigènes A seront décapés. Ou alors il faudra utiliser des doses énormes, dix à cent fois supérieures, à des coûts faramineux. S'il reste des antigènes A et que vous transfusiez plusieurs fois un receveur de type O, il va fabriquer des anticorps anti-A qui feront exploser ses globules rouges. »
Jean-Pierre Cartron, directeur scientifique de l'INTS, est tout de même plus optimiste : « Zymequest a remis les compteurs à zéro avec sa nouvelle enzyme, bien plus spécifique. Elle travaille à pH neutre très efficacement. Mais il faut décaper jusqu'à un million de copies de l'antigène de groupe par globule rouge ! Attendons la fin des essais cliniques pour nous prononcer. »

source : JEAN-MICHEL BADER

 

 

 

2.   Sang artificiel :

D'autres chercheurs se tournent vers la réalisation de sang artificiel, plusieurs substituts du sang ont été mis au point :

Les néohémocytes:
Produit de remplacement du sang naturel (substitut artificiel), mis au point par des chercheurs de Californie, constitué par des érythrocytes (globules rouges) artificiels.
Ce produit est constitué de bulles faites de phospholipides et de cholestérol (corps gras) d’une taille correspondant à 1/12ème de celle des globules rouges humains. Chaque petite bulle contient des molécules d’hémoglobine (protéine associée à du fer permettant le transport de l’oxygène des poumons vers les tissus, et du gaz carbonique dans l’autre sens).
Ces éléments artificiels possèdent une durée de conservation d’environ six mois (contre 30 jours pour le sang naturel), mais sont éliminés plus rapidement de la circulation sanguine que les érythrocytes.

Le fluosol:
Substitut artificiel du sang susceptible de remplacer en grande partie (mais pas en totalité) le sang naturellement fabriqué par un individu.
Conçu au Japon, ce sang artificiel a été d’abord utilisé par les individus ayant besoin de transfusion sanguine et refusant la transfusion de sang pour des raisons éthiques.
Constitué par des particules plus petites que les érythrocytes (globules rouges du sang), le fluosol peut traverser les capillaires (petits vaisseaux sanguins) plus rapidement.
Ce produit est capable d’emmagasiner beaucoup d’oxygène, ce qui oblige les patients à inhaler de grandes quantités d’oxygène pur. Les tissus irrigués par ce produit utilisent rapidement l’oxygène qui y est contenu.
Malheureusement, ce substitut sanguin présente un inconvénient : celui d’inhiber le système immunitaire d’un individu. Il est néanmoins utilisé pour permettre l’oxygénation des organes d’un donneur jusqu’à la greffe.

L’hémopure:
Substitut (produit de remplacement) du sang, naturel, d’origine bovine (de bœuf).
Ce produit, récemment approuvé par la fédération américaine des aliments et drogues (FDA), contient de l’hémoglobine purifiée, retirée du sang d’un bœuf et ne présentant pas, autour des globules, de membrane pouvant être à l’origine de réactions de rejet lors de la transfusion.
Les HBOC sont obtenus par purification d’hémoglobine bovine (Hémopure ®, Biopure) ou par synthèse de l’hémoglobine par génie génétique (Optro ® , Baxter), puis modification chimique pour stabiliser l’hémoglobine. Ils transportent l’oxygène par liaison à l’hémoglobine.

source : vulgaris-medical

 

 

3.   Production de sang in vitro :

Des chercheurs ont réussi à produire du sang à partir de cellules souches. Les cellules souches recueillies dans le sang de cordon ou lors d'une cytaphérèse sont cultivées pendant 10 jours afin d'obtenir les précurseurs des globules rouges. Ces précurseurs ne sont pas altérés lors de leur congélation et ne perdent pas leur capacité de prolifération ce qui donne des perspectives favorables à son utilisation clinique.

 

Ces produits pourraient trouver leurs indications majeures dans le cadre des impasses transfusionnelles. Ces situations se rencontrent dans deux circonstances : les phénotypes érythrocytaires rares et les poly-immunisations anti-érythrocytaires En effet, à partir d'un prélèvement de cellules souches, plusieurs concentrés de globules rouges pourront être produits.

source : « La transfusion sanguine demain » Par Patrick Hervé, Jean-Yves Muller, Pierre Tiberghien

 

 

4.   Production de sang à partir de la peau humaine :

Des chercheurs canadiens de l’Institut McMaster de recherche sur les cellules souches et le cancer de l’Ecole de médecine Michael G. DeGroote à Hamilton, dans l’Ontario ont découvert une nouvelle méthode permettant de fabriquer du sang à partir de peau humaine.

La revue Nature qui a publié une étude sur le sujet précise que cette nouvelle méthode est très prometteuse en terme de traitements de certaines maladies comme le cancer. Un autre atout majeur de cette découverte est qu’elle utilise des cellules de la peau d’une personne et non des cellules souches embryonnaires dont l’exploitation est très controversée.

La méthode permet donc de transformer des cellule de la peau d’un individu en cellules de sang ayant la même empreinte génétique.

Dans le cas du traitement d’un cancer, cela permettrait à un patient subissant une chimiothérapie d’avoir un traitement plus long, sans les interruptions actuelles qui permettent au corps de se régénérer.

En outre, les chercheurs affirment que cette méthode permet de transfuser un patient grâce à un rectangle de peau adulte de 4cm sur 3.

Cette application de la création de sang nécessitera encore des années de recherche, mais les premiers essais cliniques devraient débuter dès 2012.

En plus de simplifier le processus de production de sang et de s’épargner les controverses attenantes à l’utilisation de cellules souches embryonnaires, et de traiter plus efficacement certaines maladies, cette méthode permettrait donc aussi de parer à des pénuries de sang telles que celle que la France connait actuellement.

source : « AFP


5.   Nouvelle méthode d'inactivation des produits sanguins :

L'inactivation des agents pathogènes et des leucocytes par l'amotosalen, la riboflavine, le S-303 ou l'Inactine ont donné des résultats encourageants. Cette méthode d'inactivation permet la suppression de l'irradiation des produits sanguins pour les malades ayant des déficits ou une immaturité du système immunologique. De plus, ces méthodes d'inactivation nécessitent généralement l'utilisation de solutions additives, ce qui entraîne un gain de plasma de l'ordre de 200 ml par concentrés de plaquettes qui peut être utilisé pour produire du plasma thérapeutique ou pour le fractionnement. Enfin, on peut envisager d'étendre la durée de conservation des concentrés de plaquettes jusqu'à sept jours.

A terme, l'objectif qui a du sens est l'introduction universelle des méthodes d'inactivation des agents pathogènes pour tous les produits sanguins labiles. Cette mise en place ne peut être que progressive, pas à pas, d'abord le plasma thérapeutique, puis les concentrés de plaquettes et les concentrés de globules rouges. Elle doit faire l'objet d'essais cliniques étendus bien conduits afin de s'assurer de ne pas compromettre les avantages attendus d'une telle intervention par la survenue d'effets indésirables, immunologiques ou toxiques.

source : « La transfusion sanguine demain » Par Patrick Hervé, Jean-Yves Muller, Pierre Tiberghien


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