
Rarissime et vital, le groupe sanguin Rh nul, surnommé le « sang d’or », ne concerne qu’une personne sur six millions dans le monde. Pour répondre à cette rareté, plusieurs équipes de recherche explorent la production artificielle du « sang d’or ».
Avec à peine une cinquantaine de porteurs identifiés, ce sang exceptionnel représente un défi majeur pour la médecine transfusionnelle. Face aux risques vitaux encourus par ces patients en cas d’accident ou d’intervention chirurgicale, les scientifiques s’engagent aujourd’hui dans une course mondiale pour parvenir à produire ce sang précieux en laboratoire.
La complexité des groupes sanguins explique les difficultés liées aux transfusions. Déterminés par la présence ou l’absence d’antigènes à la surface des globules rouges, ils peuvent provoquer de violentes réactions immunitaires en cas d’incompatibilité.
Le groupe Rh nul se distingue par l’absence totale des antigènes Rh. Cette singularité empêche ses porteurs de recevoir le sang d’autrui, mais rend en revanche leur sang compatible avec la majorité des groupes sanguins existants.
Le sang Rh nul présente un risque immunitaire très faible, ce qui explique l’intérêt scientifique et médical qu’il suscite. Grâce aux technologies d’édition génétique, notamment CRISPR-Cas9, des chercheurs sont parvenus à créer en laboratoire des globules rouges dépourvus des antigènes responsables des principales incompatibilités transfusionnelles.
D’autres approches reposent sur l’utilisation de cellules souches afin de générer du sang ultra-compatible, susceptible de répondre aux besoins des patients aux groupes les plus rares.
Malgré des avancées prometteuses, la production du sang d’or à grande échelle reste un défi scientifique considérable. La maturation complète des globules rouges en laboratoire demeure complexe et nécessite encore de nombreux essais cliniques.