
Face aux pénurie de sang que connait les Canaries, certains collectifs, comme Asamblea7islas, ont proposé d'offrir des incitations aux donneurs pour combler le déficit, relançant le débat sur la rémunération du don et les risques associés.
Les Canaries traversent une période critique concernant les réserves de sang. Une urgence médicale, qu’il s’agisse d’un accident de la route, d’une chirurgie cardiaque ou d’un accouchement compliqué, peut nécessiter jusqu’à plusieurs dizaines de poches de sang.
Les hôpitaux insulaires, en particulier ceux des quatre grandes îles, devraient maintenir des stocks de sang O négatif suffisants pour faire face à ces situations, mais le déficit actuel rend cette précaution difficile à assurer. Le manque de dons a déjà des conséquences concrètes. En 2024, 91 interventions chirurgicales ont dû être reportées faute de sang disponible, selon le Conseil de la Santé.
Cependant, cette approche divise les professionnels et syndicats. Pour Co.bas et CCOO, l’acte de donner doit rester altruiste. Laura Rodríguez Álvarez, représentante de Co.bas Canarias, insiste sur la nécessité de préserver la sécurité et la régularité des dons.
Toute incitation pourrait détourner l’attention du questionnaire médical indispensable au bon déroulement du don et compromettre la santé des donneurs et des receveurs. La sécurité transfusionnelle reste la priorité absolue.
Du côté des autorités sanitaires, le Conseil de la Santé confirme sa position : promouvoir un don altruiste et volontaire, tout en garantissant la sécurité transfusionnelle. Des gestes symboliques, comme offrir des billets pour des événements, peuvent être envisagés, mais uniquement de manière imprévisible et sans pression sur le donneur. L’objectif reste clair : assurer des réserves stables et sécurisées pour sauver des vies.