
La communication autour du don de sang constitue aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique en France. Si l'acte de donner son sang est largement reconnu comme vital, la manière de sensibiliser les populations reste un défi complexe.
À l’international, les stratégies de communication diffèrent sensiblement. Dans plusieurs pays anglo-saxons, comme le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada ou l’Australie, les campagnes se veulent directes et ciblées, avec des slogans percutants et une approche assumée à destination de certaines communautés. Le National Health Service britannique, par exemple, n’hésite pas à s’adresser spécifiquement aux donneurs afro-caribéens, afin de répondre aux besoins liés à la diversité des groupes sanguins.
En France, cette approche se heurte à un cadre légal strict. Comme l’explique Lola Terrasson, directrice de la communication de l’Établissement français du sang (EFS), « le défi est de faire comprendre les besoins spécifiques de diversité des groupes sanguins sans pour autant cibler explicitement des communautés ».
La loi « Informatique et libertés » de 1978 et une décision du Conseil constitutionnel de 2007 interdisent en effet la collecte de données relatives aux origines ethniques, limitant toute communication communautaire directe.
Face à ces contraintes, l’EFS mise sur des stratégies innovantes. Depuis 2020, l’établissement a multiplié les actions de sensibilisation autour des sangs rares, avant de lancer en 2022 des campagnes plus visibles, positionnées dans des espaces médiatiques fréquentés par les publics concernés.
À Marseille, une initiative originale a également vu le jour avec la collaboration de coiffeuses de la communauté comorienne, considérées comme des relais de confiance au sein de leur réseau social.
Cette démarche souligne un constat essentiel : au-delà des campagnes institutionnelles, la mobilisation individuelle joue un rôle clé. Journalistes, acteurs associatifs et citoyens peuvent devenir des vecteurs de sensibilisation au sein de leurs propres communautés.