Exclu du don, il saisit le défenseur des droits pour discrimination
Actualité du don de sang et de la transfusion
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Exclu du don, il saisit le défenseur des droits

un coeur sur la main pour dire oui au don de sang pour tous

A la suite de l'impossibilité de réaliser un don de sang à L’Isle-Adam, dans le Val-d'Oise, à cause de son homosexualité, un homme de 31 ans a saisi le défenseur des droits, estimant être victime de discrimination.

Depuis 2016, en France, les homosexuels et bisexuels peuvent donner leur sang, mais seulement si le dernier rapport sexuel entre hommes remonte à plus d’un an, contre quatre mois, avec des partenaires différents, pour les hétérosexuels. 

« Nous sommes allés en groupe, avec des collègues, donner notre sang en fin de journée. J’ai rempli le questionnaire en étant totalement honnête, avant de demander à voir le médecin. J’ai indiqué que j’étais homosexuel, que je vivais en couple depuis un an et demi, que le bilan sanguin était bon. Mais cela a été non tout de suite. Il ne m’a pas posé la question des douze mois d’abstinence. Le médecin m’a indiqué que j’avais été mal renseigné, que le don du sang n’était pas possible. Il m’a proposé un don de plasma, m’expliquant que les homosexuels étaient une population à risque. »

Maxime insiste, sans succès. « J’ai été choqué. Je croyais que la loi avait changé. J’ai laissé mes collègues sur place en leur disant que je n’étais pas le bienvenu ici. Je me suis senti humilié, victime d’une vraie discrimination. » ajoute-t-il

Face à ce nouveau cas de discrimination des homosexuels, une plainte a été déposée contre la France, le 20 juin 2019, par STOP Homophobie, Mousse, Elus Locaux Contre le sida (ELCS), SOS homophobie et Familles LGBT.

Cette plainte est déposée contre une décision du Conseil d’Etat qui considère qu’il est possible de discriminer des personnes en raison de leur « comportement sexuel », sans que cela ne constitue une discrimination en raison de leur « orientation sexuelle », alors que la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) assimile comportement sexuel et orientation sexuelle, et considère en conséquence qu’une discrimination en raison du comportement sexuel « constitue une discrimination à raison de l’orientation sexuelle ».