
Principale cause de mortalité des blessés au combat, l'hémorragie peut être traitée sur place grâce à un acheminent rapide de produits sanguins sûrs et la présence d'une équipe médicale spécifique pour assurer la transfusion sanguine du blessé.
Pour le service de santé des armées, la transfusion sanguine est un enjeu vital et stratégique. C'est pour cette raison que la France s'est dotée d'une structure spécifique : le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA).
Le 22 mai dernier, cette structure a fêté ses 80 ans. Le CTSA accompagne les forces sur le territoire national et dans toutes les opérations, en soutenant les hôpitaux militaires. Son expertise unique permet de garantir la disponibilité du sang en tout lieu, en tout temps et au plus près des blessés.
A partir du sang collecté dans les établissements militaires, le CTSA prépare des produits selon les mêmes règles de sécurité que l'Etablissement Français du Sang (EFS). Il les qualifie sur le plan de la sécurité biologique et les stocke pour les distribuer aux patients.
Pour autant, le CTSA a développé des méthodes spécifiques pour assurer la transfusion des blessés en opération. Ainsi, le plasma universel lyophilisé (déshydraté en flacon) se conserve à température ambiante pendant deux ans et peut se transporter indépendamment de la chaîne du froid, alors que le plasma frais se conserve à -25°C (peu pratique au combat).
Une autre technique a été mise en place : la transfusion du sang total chaud. Grâce à des kits spécifiques, les soldats connus et présélectionnés peuvent réaliser une transfusion de leur sang directement au blessé.
Pour utiliser les produits sanguins de manière optimale, le CSTA forme des médecins, des infirmiers et des techniciens de laboratoire. Il prend en compte les difficultés rencontrées, en termes de ravitaillement et d’utilisation des produits, pour faire évoluer sa doctrine.
De plus, le CSTA dispose d’une plateforme de production de thérapies cellulaire et tissulaire et de médicaments dits de « thérapie innovante ». Il propose de nouvelles thérapies réparatrices aux blessés polytraumatisés, brûlés ou irradiés à partir de ces cellules souches.
Dans un contexte d’engagement possible de haute intensité, ses capacités de production et d’adaptation montent en puissance. Il travaille sur une nouvelle technique de lyophilisation plus rapide et d’une durée de péremption de trois ans, contre deux aujourd’hui.
Après une démonstration clinique d’ici à 2030, il espère d’obtenir des plaquettes de sang, à partir de cellules souches immortalisées, qui pourraient être conservées à 4 °C et même lyophilisées. Les plaquettes jouent un rôle crucial dans la coagulation en évitant notamment les risques d’hémorragie.