
La Belgique continue d'imposer un délai de quatre mois avant le don de sang aux hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme, alors que plusieurs pays européens ont choisi de ne plus distinguer les donneurs selon leur orientation sexuelle.
Les autorités belges justifient cette mesure par des raisons de sécurité sanitaire. Certaines infections transmissibles par le sang, notamment le VIH, sont statistiquement plus fréquentes chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Le délai vise donc à réduire le risque qu’une infection récente ne soit pas encore détectable lors des analyses du sang donné.
Cette politique est cependant de plus en plus contestée. Ses détracteurs estiment que le risque devrait être évalué en fonction des comportements sexuels plutôt que du sexe ou de l’orientation des partenaires. Le nombre de partenaires, les pratiques sexuelles et l’utilisation de moyens de prévention peuvent en effet davantage déterminer le niveau de risque individuel.
Plusieurs pays, dont la France, ont adopté cette approche. Les critères de don y sont désormais davantage centrés sur les comportements à risque et s’appliquent de manière plus uniforme aux donneurs. La Belgique, elle, a choisi une solution intermédiaire en réduisant le délai d’attente à quatre mois plutôt qu’en supprimant complètement le critère.
Le débat reste donc ouvert entre principe de précaution et lutte contre les discriminations. Pour ses défenseurs, la règle belge garantit un niveau maximal de sécurité transfusionnelle. Pour ses opposants, elle repose encore sur une distinction qui ne reflète pas nécessairement le risque réel de chaque individu.