
La question des conditions d'accès au don du sang pour les hommes homosexuels et bisexuels fait à nouveau débat au Portugal suite au refus d'un donneur de sang qui contraste avec les directives de 2016.
Depuis 2016, une directive de la Direction générale de la santé (DGS) a supprimé les interdictions qui empêchaient auparavant les hommes gays et bisexuels de donner leur sang.
Cette ouverture était toutefois accompagnée de conditions liées aux comportements sexuels, notamment une période d'abstinence ou une relation stable avec un seul partenaire, destinées à limiter les risques de transmission d'infections graves par le sang. Ces critères s'inscrivaient dans une logique de précaution appliquée à l'ensemble des donneurs, mais avaient été particulièrement associés aux hommes ayant des relations avec d'autres hommes.
La mise en œuvre de cette réglementation reste cependant source de confusion. Lors d'une récente campagne d'appel aux dons, alors que les réserves de sang étaient fragilisées, un jeune Portugais, Bruno Gomes d'Almeida, s'est vu refuser un don après plusieurs heures d'attente au motif que « les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes ne peuvent pas donner leur sang ».
Une situation qui contraste avec la position officielle de l'Institut portugais du sang et de la transplantation (IPST), qui affirme ne pas prendre en compte l'orientation sexuelle des donneurs potentiels et rappelle que toute personne remplissant les critères médicaux peut contribuer au don de sang.
À la suite de cette affaire, les autorités portugaises ont décidé d'agir pour clarifier les règles et éviter toute situation discriminatoire. Le groupe de travail, composé notamment de représentants de la DGS et de l'Institut national de santé Dr Ricardo Jorge (INSA), doit analyser les données scientifiques disponibles sur les comportements à risque et leur impact sur la sécurité transfusionnelle. Son objectif est de trouver un équilibre entre la protection des patients receveurs et l'égalité d'accès au don pour tous les citoyens.