
La France détient la plus vaste et la plus diversifiée banque de sang rare au monde : la Banque nationale de sang de phénotype rare (BNSPR), gérée par l'Etablissement Français du Sang (EFS) et conservant des poches de sang aux caractéristiques exceptionnelles.
Née de la centralisation du réseau transfusionnel français après 2000, la BNSPR est un lieu hautement sécurisé, dont l’accès est strictement réglementé. Les poches de sang y sont conservées à –80 °C, une température qui autorise une conservation théorique illimitée, mais généralement limitée à une trentaine d’années.
Aujourd’hui, environ 8 500 poches sont réparties dans 26 congélateurs, faisant de cette structure la plus fournie au monde. Pour compléter son action, deux antennes relais existent à La Réunion et en Guadeloupe, facilitant la logistique entre l’Hexagone et les territoires ultramarins.
Le stock se constitue notamment lors de dons du sang, lorsqu’un phénotype rare est détecté. Les donneurs concernés reçoivent une carte spécifique délivrée par le Centre national de référence pour les groupes sanguins (CNRGS), ainsi que des informations dédiées.
Chaque demande hospitalière pour un patient est traitée en coordination avec le CNRGS, qui valide la décongélation des poches et leur envoi. Les besoins sont particulièrement importants pour la drépanocytose, une maladie nécessitant des transfusions régulières, et qui touche majoritairement des personnes d’origine africaine ou antillaise.
La banque française peut aussi être sollicitée à l’international, mais toujours avec prudence pour préserver les stocks nationaux.
Au-delà de son organisation rigoureuse, la BNSPR incarne une chaîne de solidarité méconnue. Elle s’appuie sur la générosité de donneurs parfois porteurs eux-mêmes de phénotypes très rares, dont le geste peut sauver des vies dans des situations médicales critiques. Un outil discret, mais essentiel au système de santé publique.