Actualité du don de sang et de la transfusion
partager sur facebookpartager sur twitter

Les groupes de sang rares surtout en Afrique

Campagne de promotion du don de sangs rares

Selon l'Etablissement Français du Sang (EFS), les populations d'origine africaine et antillaise présentent une plus grande diversité de groupes sanguins rares que d'autres populations, conduisant à des difficultés dans les transfusions sanguines en Europe.

Saviez-vous qu’il existe 380 groupes sanguins répertoriés dans le monde, dont 250 considérés comme rares ? Si les groupes A, B, O et leurs rhésus positifs ou négatifs sont les plus connus, ils ne représentent qu’une petite partie de la diversité sanguine.

En France, un sang est qualifié de rare lorsqu’il concerne moins de 4 personnes sur 1 000, soit environ 700 000 individus. Trouver des donneurs compatibles est alors crucial, car une incompatibilité sanguine peut entraîner des conséquences graves, voire mortelles.

La découverte d’un sang rare intervient généralement lors d’une transfusion ou d’un don. Des analyses biologiques approfondies, complétées par des examens ADN, permettent alors d’établir un diagnostic précis. Une fois identifié, le porteur est informé et encouragé à devenir donneur. Il reçoit une carte spécifique de l’EFS et peut être inscrit dans un registre. Les frères et sœurs sont également invités à se faire tester, ayant une chance sur quatre de partager le même groupe sanguin.

Si l’Afrique concentre une plus grande diversité de groupes sanguins spécifiques, cela s’explique par des raisons génétiques et historiques. Les mutations se sont accumulées au fil du temps dans des populations anciennes, et les données scientifiques établissent que l’origine de l’humanité moderne se situe sur le continent africain.

Par ailleurs, certaines pathologies comme la drépanocytose, première maladie génétique en France, nécessitent des transfusions régulières et concernent particulièrement les populations d’ascendance africaine, ce qui accroît les besoins en sang compatible.

Face à ces enjeux, l’EFS développe des coopérations scientifiques, notamment en Afrique francophone, pour renforcer les capacités locales de détection et de formation. Les sciences humaines et sociales jouent également un rôle central dans la sensibilisation.

À Marseille, par exemple, des partenariats ont été noués avec la communauté comorienne afin de diffuser l’information dans un climat de confiance. Chaque année, près de 3 millions de poches de sang sont utilisées en France : un rappel que le don du sang, rare ou non, reste un acte citoyen et solidaire essentiel.