
Une étude chinoise montre que des incitations non monétaires, comme l'accès gratuit aux consultations médicales pour les donneurs fréquents, peuvent augmenter le nombre de dons de sang sans compromettre la sécurité.
Dans de nombreux pays, notamment en développement, l’approvisionnement en sang repose sur un modèle de don volontaire et non rémunéré, basé sur l’altruisme et le devoir social. Des incitations monétaires ou indirectes, telles que billets de loterie, congés payés ou récompenses financières, ont été testées dans le passé, mais leur efficacité reste controversée et certains craignaient qu’elles sapent la motivation altruiste des donneurs.
Pour explorer une alternative, les chercheurs chinois ont évalué un modèle d’honneur dans trois provinces : Zhejiang, Jiangsu et Hebei, introduit respectivement entre 2014 et 2018. Les donneurs fréquents recevaient des privilèges tels que l’accès gratuit aux transports publics et aux consultations ambulatoires. Les données analysées couvrent 30 provinces, de 2012 à 2018, et combinent rapports nationaux de sécurité du sang et indicateurs socio-économiques.
Les résultats sont significatifs : à la fin de la deuxième année, le nombre de dons avait augmenté de 3,5 %, et il avait presque doublé à 7,7 % à la cinquième année. La hausse concernait surtout le sang total, incluant globules rouges, plaquettes et plasma, sans affecter le taux d’éligibilité des donneurs, ce qui garantit le maintien de la sécurité transfusionnelle.
Bien que cette étude observationnelle ne permette pas de tirer de conclusions définitives sur la causalité, les analyses complémentaires confirment la stabilité des résultats. Les auteurs concluent que le modèle d’honneur pourrait devenir un paradigme durable pour encourager le don de sang, avec un coût modéré pour le système de santé.
Ils recommandent toutefois aux décideurs politiques d’évaluer sa faisabilité dans leur contexte et d’envisager des évaluations économiques supplémentaires avant généralisation.