Le marché du plasma rémunéré s'oppose au don de sang éthique
Actualité du don de sang et de la transfusion
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Marché du plasma rémunéré face au don éthique

photo de plasmas thérapeutiques congelés

Alors que certains économistes considèrent que le don de sang bénévole est un frein au développement des dons et conduit à une pénurie de sang, d'autres défendent le point de vue qu'il faut mieux avoir moins de produits sanguins mais étant plus sécurisés.

Barzin Bahardoust directeur de Canadian Plasma Resources qui veux rémunérer les canadiens en échange de leur don de plasma, considère que les différentes interdictions des responsables politiques au Canada pour interdire le don de plasma rémunéré est illogique, car le Canada importe du plasma provenant de donneurs rémunérés des Etats-Unis pour soigner leurs malades, et dans le même temps refuse de rémunérer ses propres donneurs.

Il considère que l'ouverture du don de sang rémunéré au Canada pourrait permettre au pays de ne plus importer des médicaments des autres pays. De plus, il précise qu'aucune étude ne prouve que le don rémunéré est moins sécurisé que le don bénévole.

Au niveau économique, le don de plasma rémunéré possède déjà une grande part du marché mondial. La moitié du plasma américain est expédiée en Europe, l’équivalent de 20 millions de contributions. Le Canada importe 80% de ses produits plasmatiques des États-Unis. L’Australie importe également 40% de ses produits plasmatiques.

Certaines données montrent que les centres américains de collecte de plasma sont concentrés dans les zones où la population pauvre est concentrée (27,4% de personnes défavorable conre 16,5% en moyenne aux Etat-Unis), montrant que le but est d'inciter la population à donner son plasma contre de l'argent. 

Les situations au Canada et en Hongrie ont montré que la rémunération des donneurs de plasma entraîne une diminution des donneurs de sang. En effet, les donneurs de plasma rémunérés ne sont plus disposés à faire des dons de sang gratuit. De ce fait, le développement de ce marché pourrait conduire à une pénurie des autres constituants du sang.

Aux États-Unis, des études soulignent qu’un grand nombre de donneurs rémunérés cessent de donner leur plasma lorsqu’ils retrouvent un emploi. Preuve que ce don de plasma n'a rien d'altruiste et est purement financier.

Dans ce contexte de doute dans certains pays, le président de l'Etablissement Français du Sang a réaffirmé la position de la France dans ce domaine. Les donneurs de sang ne sont pas rémunérés car le corps humain n’est pas une marchandise. Le modèle transfusionnel français est construit sur les valeurs éthiques du don de sang : l’anonymat, le volontariat, le non-profit et le bénévolat.

Afin de sécuriser la santé du donneur qui serait tenté de donner trop souvent contre de l'argent, ainsi que pour les receveurs, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Conseil de l’Europe encouragent les dons non rémunérés et volontaires dans le monde entier.