Octapharma impliquée dans une affaire de corruption au Portugal
Actualité du don de sang et de la transfusion
partager sur facebookpartager sur twitter

Octapharma soupçonnée de corruption au Portugal

photo d'une poche de plasma issu d'un donneur

La société Octapharma qui doit rentrer sur la marché français après sa victoire durant le procès qui l'opposait au gouvernement français, est impliquée dans une affaire de corruption, de fraude fiscale et de blanchiment d'argent au Portugal.

Cette affaire a été révélée par "L'Hebdo" en Suisse. Octapharma a déjà été impliquée dans d'autres affaires, mais cette nouvelle affaire a des répercussions sur l'image de la Croix-Rouge Suisse qui travaille en collaboration avec la société.

L’arrestation de José Sócrates, ancien premier ministre du Portugal, a mis le trouble sur les agissements d'Octapharma. L'ex-premier ministre était consultant de la firme au Brésil, où la société est également impliquée dans un scandale de corruption.

La Croix-Rouge Suisse est très gênée par cette affaire car elle vend à Octapharma 80 000 litres de plasmas chaque année et elle ne peut plus se passer de cette société. L’entreprise a su se développer et s'imposer sur le marché du plasma, où elle devient incontournable, prenant la place des services publics de transfusion, qui fabriquaient souvent les mêmes produits.

Le monopole mis en place en Suisse par Octapharma pourrait exister dans plusieurs années en France, rendant de ce fait, cette société incontournable, quelques soient ses agissements. Cette emprise sur le marché du plasma inquiète certains experts.

L’industrie privée veut prendre ce qui est intéressant pour elle, et laisser aux services de transfusion les choses plus compliquées à gérer d’un point de vue logistique, explique Vincent Corpataux, juriste et auteur d’une étude sur l’utilisation du sang à des fins thérapeutiques. La question est de savoir ce qui devrait rester aux mains des services publics, poursuit-il. Si Octapharma s’arroge la compétence de vendre aux hôpitaux, les services publics perdront ce savoir-faire. Cela aura des incidences sur leur fonctionnement, et probablement sur les prix des autres produits qu’ils préparent. En outre, si les services de transfusion doivent abandonner cette activité, il leur sera plus difficile de se remettre à en produire si le besoin se fait sentir un jour.