Actualité du don de sang et de la transfusion
partager sur facebookpartager sur twitter

Point sur la recherche pour produire du sang

photo d'une poche de sang

La promesse d'un remède aux pénuries de sang se présente aujourd'hui comme un espoir concret. Des équipes médicales affirment pouvoir enfin produire un substitut, ouvrant la voie à des réserves moins limitées et à des soins d'urgence plus sûrs.

Les stocks de sang manquent régulièrement, notamment en été et lors des vagues épidémiques. Les hôpitaux doivent alors "trier" les interventions. L’idée d’un sang artificiel répond à un besoin simple : disposer d’un produit stable, prêt à l’emploi et compatible avec un grand nombre de patients.

La recherche avance à plusieurs niveaux. Certains projets misent sur des dérivés d’hémoglobine, d’autres sur des globules rouges cultivés en laboratoire. Les études doivent encore répondre à des questions de tolérance, d’efficacité à long terme et de coût.

Le Japon se distingue actuellement avec le premier essai clinique mondial sur des substituts sanguins utilisant des vésicules d’hémoglobine issues de dons périmés, encapsulées dans des coquilles protectrices, éliminant le besoin de compatibilité sanguine et offrant une durée de conservation allant jusqu’à deux ans.

Par ailleurs, aux États-Unis, l’équipe du professeur Dipanjan Pan à la Penn State, développe un substitut baptisé Nano-RBC : des nanoparticules déformables imitant la forme des globules rouges et contenant une forte charge d’hémoglobine. Une avancée prometteuse pour les zones rurales ou de conflits, où les produits sanguins classiques sont difficiles à acheminer.

Parallèlement, un vaste projet vise à créer un sang bio-artificiel complet, combinant agents hémostatiques synthétiques, plaquettes artificielles, plasma lyophilisé et substitut de globules rouges, le tout pouvant être stocké dans un état sec puis reconstitué à la demande.

Malgré l'ensemble de ces projets, des obstacles restent à franchir. Le premier obstacle est scientifique : reproduire la complexité du sang humain reste difficile. Le deuxième obstacle est économique. Produire un substitut à grande échelle doit rester rentable pour être accessible. Sans baisse de coût, l’innovation risque de rester cantonnée aux pays riches.