
Selon l'Etablissement Français du Sang (EFS), l'exclusion des personnes ayant déjà été transfusées au cours de leur vie repose sur le « principe de précaution » malgré l'incompréhension de ces personnes dont les analyses sanguines se sont toujours révélées normales.
Une personne transfusée pourrait, en théorie, avoir été exposée à des agents infectieux indétectables avec les techniques actuelles. Même si le risque reste jugé extrêmement faible, les autorités sanitaires ont fait le choix de protéger en priorité les receveurs, en interdisant à vie le don aux personnes concernées.
Cette décision trouve son origine à la fin des années 1990, à la lumière des scandales sanitaires liés à la transmission de l’hépatite C et à la découverte de la transmission sanguine des agents transmissibles non conventionnels, comme les prions responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En l’absence de tests permettant de dépister l’ensemble des agents pathogènes potentiels, le principe de précaution demeure la règle.
La transfusion n’est toutefois pas la seule contre-indication au don du sang. Certaines pathologies, comme les maladies cardiovasculaires graves, le VIH ou les hépatites virales, entraînent une exclusion définitive.
D’autres situations conduisent à un report temporaire : tatouage récent, fièvre, prise de certains médicaments, endoscopie, séjour dans un pays à risque ou encore multiplicité récente de partenaires sexuels. Ces critères sont encadrés par une directive européenne, transposée en France par arrêté ministériel.
Pour autant, ne pas pouvoir donner son sang ne signifie pas rester en retrait. Il est possible de s’engager autrement : en sensibilisant son entourage, en devenant ambassadeur du don ou en rejoignant une association de donneurs bénévoles. Car si le don du sang sauve chaque année de nombreuses vies, il repose aussi sur un engagement collectif fondé sur la sécurité et la solidarité.