Actualité du don de sang et de la transfusion
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Quand le don de plasma devient un revenu

Photo de la préparation des plasmas

Aux Etats-Unis, le don de plasma rémunéré est devenu une pratique en pleine expansion, reflet à la fois des tensions économiques et d'un système de santé spécifique avec ses dérivées et ses conséquences pour les donneurs.

Contrairement à la France, où le don reste strictement bénévole, les donneurs américains reçoivent une compensation financière. Cette particularité a contribué à transformer ce geste en véritable activité complémentaire pour de nombreux ménages.

Selon une enquête du New York Times, cette pratique attire désormais une part croissante de la classe moyenne, touchée par l’inflation, la hausse du coût de la vie et des dépenses de santé. Historiquement implantés dans des zones défavorisées, les centres de don se sont progressivement multipliés dans des zones plus aisées.

Entre 2014 et 2021, leur nombre a doublé pour atteindre environ 1 200 établissements, notamment dans des villes comme Houston, où les files d’attente sont fréquentes.

Derrière cette évolution se trouvent des parcours très variés. Le journal américain évoque notamment le cas d’un homme de 59 ans gagnant environ 50 000 dollars par an, contraint de compléter ses revenus en donnant son plasma deux fois par semaine pour 70 dollars par séance. D’autres profils émergent également : salariés modestes, enseignants, infirmiers ou retraités, tous confrontés à la hausse du coût de la vie et cherchant à équilibrer leur budget mensuel.

Cette rémunération a toutefois suscité des critiques. Certains observateurs dénoncent une forme d’exploitation de la précarité, rappelant que ces centres se sont d’abord développés dans des régions économiquement fragiles. Mais pour les donneurs concernés, ce complément de revenu reste souvent perçu comme une solution accessible, malgré les débats éthiques qu’il soulève.

Au-delà des enjeux sociaux, le plasma est devenu une ressource stratégique mondiale. Les États-Unis en ont exporté pour environ six milliards de dollars en 2024, alimentant notamment les besoins de pays comme la France, qui dépend largement de ces importations pour ses traitements médicaux.