Application du génotype éryhtocytaire en immuno-hématologie appliqué aux transfusions sanguines
Immuno-Hématologie Erythrocytaire

Génotypage érythrocytaire

L'évolution des connaissances des gènes des groupes sanguins et des polymorphismes associés aux antigènes érythrocytaires, a permis de développer le génotypage érythrocytaire. La plupart des marqueurs de groupes sanguins correspondent à un polymorphisme de type « simple substitution », « Single Nucleotide Polymorphism » (SNP), qu’il est possible d’étudier avec des techniques de biologie moléculaire spécialisées (PCR-allèle spécifique, PCR en temps réel, etc.) et, plus récemment, à l’aide de plateformes de génotypage à haut débit (puces à ADN). Le phénotype est alors déduit du génotype.

Dans les laboratoires cliniques, la réalisation du génotypage érythrocytaire nécessite une connaissance approfondie de la base moléculaire des antigènes des groupes sanguins. La génétique des groupes érythrocytaires met en jeu un ensemble, parfois complexe, de paramètres pouvant rendre difficile l’interprétation de résultats d’un génotypage (existence de variants).

Depuis quelques années, le génotypage érythrocytaire est de plus en plus utilisé en médecine transfusionnelle.

 

Utilisation du génotypage


Le génotypage érythrocytaire est utilisé lorsque les techniques de routine ne sont pas adaptées à la détermination des antigènes portés par les globules rouges. Le génotypage est utilisé :

  • Lors de la recherche du phénotype d'un foetus, à risque pour la maladie hémolytique du nouveau-né (MHNN)
  • Lorsque le patient possède des globules rouges recouverts d'immunoglobulines (maladie auto-immune)
  • Lorsque le patient a été transfusé (présence des globules rouges du patient et du donneur)
  • Lorsqu'il n'existe pas de réactif dans le commerce pour certains antigènes
  • Lors de la recherche de zygotie RHD chez des personnes RH1
  • Lorsque le patient présente un affaiblissement antigénique
  • Pour déterminer si l'anticorps est un allo ou un auto anticorps, dans certains cas.

 

Patients récemment transfusés


Les patients récemment transfusés présentent dans leur sang les hématies du patient, mélangées avec les globules rouges transfusés. Les tentatives de séparer les hématies transfusées de celles du patient sont hasardeuses, tout comme la détermination du phénotype à l'aide des intensités.

Pour surmonter cette difficulté, le génotypage peut être utilisé. Il a été démontré que les résultats du génotypage peuvent être utilisés sans reserve, malgré l'ADN des leucocytes résiduels présents dans les concentrés de globules rouges (CGR) transfusés. En effet, aucun chimérisme post-transfusionnel n'a été observé après une transfusion massive ou itérative. Ainsi, les leucocytes peuvent être utilisés pour la réalisation du génotypage.

 

Génotypage du système RH


Les antigènes du système RH sont codés par deux gènes, le gène RHD et le gène RHCE. RHD et RHCE sont des gènes homologues (96 % d’identité) étroitement liés, composés de 10 exons de façon similaire. L’organisation de ces deux gènes facilite les réarrangements géniques entre RHD et RHCE, conduisant à l'apparition des RH variants. Le type et la fréquence des différents variants RH dépendent de la population étudiée.

Le génotypage RHD peut s'avérer utile en contexte prénatal, pour les patientes qui semblent présenter un antigène D faible dans les techniques de routine. Chez les caucasiens, environ 80% des personnes qui présentent un phénotype D faible sont de type 1, 2 ou 3 (selon la classification des variants). Ces personnes sont peu susceptibles de développer une allo-immunisation RhD.

Le génotypage RHD est aussi réalisé chez des patients présentant un anticorps anti-D alors qu'ils possède l'antigène D. Dans ces cas, il peut s'agir d'une personne de phénotype D partiel présentant un allo-anticorps ou la présence d'un auto-anticorps chez un patient D positif.

 

Limites du génotypage


Le génotypage se heurte à la notion de « phénotype silencieux ». L’exemple est celui du système FY. Le polymorphisme antigénique FY1/FY2(Fya/Fyb) est codé par le polymorphisme génétique 125G>A se situant dans l’exon 2 du gène FY. Ainsi, si l’étude de la position 125 de l’exon 2 du gène FY met en évidence la présence du nucléotide A à l’état homozygote, la logique voudrait que le phénotype déduit du génotype soit FY:-1,2 [FY(a-b+)]. Cependant, a été décrite chez les individus d’origine afro-antillaise une mutation (-33T>C dans la région promotrice du gène FY), dont la présence empêche la transcription de l’allèle (nt125A) codant l’antigène FY2 (Fyb) à la membrane érythrocytaire. Aussi, l’absence d’étude de la région promotrice du gène FY peut amener à rendre des résultats de phénotype FY déduit du génotype faussement positif.

L'existence de nombreux variants pose également des problèmes. Les techniques classiques de génotypage ne sont pas à même d'identifier les variants. Le génotypage est également limité aux réactifs disponibles dans le commerce.

Si aujourd'hui, la corrélation entre génotype et phénotype exprimé est excellente pour un grand nombre d'antigènes, évitant les erreurs, notre connaissance reste néanmoins incomplète pour les systèmes les plus polymorphes (ABO, RH, MNS) vis-à-vis de certaines populations.