Antigènes
Le système FORS (ISBT 031) comprend un seul antigène, FORS1 (antigène Forssman), qui est un antigène de faible fréquence.
L'antigène Forssman a été décrit en 1911 par le médecin et bactériologiste suédois John Forssman. Le système FORS a été reconnu par l'ISBT en 2012 comme le 31e système de groupe sanguin, après la démonstration que les individus Apae exprimaient en réalité l'antigène Forssman.
Biosynthèse
Le gène GBGT1 du chromosome 9 code pour une GBGT1 synthétase (glycosyltransferase) qui est à l'origine de l'antigène Fors.
La Forssman synthase catalyse la dernière étape de la biosynthèse du glycolipide Forssman en transférant un résidu N-acétylgalactosamine (GalNAc) à partir de l'UDP-GalNAc sur le GalNAc terminal du globoside (Gb4). L'antigène FORS1 possède ainsi une terminaison GalNAcα1-3GalNAcβ1-.
Chez la grande majorité des individus, l'enzyme GBGT1 est inactive et l'antigène FORS1 n'est pas exprimé sur les hématies. L'expression de FORS1 résulte de variants particuliers de GBGT1 permettant la réactivation de l'activité Forssman synthase.
Antigène
Cet antigène de faible fréquence n'est pas exclusivement érythrocytaire et a été décrit dans diverses espèces animales, les plantes et les bactéries. Il est résistant aux différents traitements enzymatiques.
En 1987, 3 familles anglaises présentaient un nouvel antigène Apae. Mais ce nouveau groupe Apae vient d'être remis en cause avec l'étude du système de FORS en 2012. En effet, Les individus initialement décrits comme Apae étaient génotypiquement de groupe O et ne produisaient donc pas d'antigène A. Les scientifiques pensent que les patients de groupe Apae sont en fait des patients Fors positif, étiquetés Apae car les antisérum A réagissaient avec l'antigène Fors présentant la même terminaison (α-3-N-acétyl-D-galactosamine).
Chez les individus FORS1+, une mutation faux-sens de GBGT1, notamment c.887G>A (p.Arg296Gln), réactive l'activité de la Forssman synthase et permet l'expression de FORS1 sur les hématies.
Anticorps
Les patients FORS1 négatif ont naturellement l'anticorps correspondant. Ces anticorps naturels pourraient résulter d'une stimulation par des antigènes microbiens présentant des structures glucidiques apparentées à l'antigène Forssman.
Les anti-FORS1 sont principalement des IgM ; des anticorps de classe IgG ont également été décrits. Sa réactivité est généralement maximale à basse température, notamment à 4 °C, mais certains anticorps peuvent réagir à température ambiante voire à 37 °C.
Certains anti-FORS1 peuvent être détectés par un test indirect à l'antiglobuline, mais leur expression sérologique est très variable selon les individus et les conditions techniques.
La signification clinique de l'anti-FORS1 en transfusion et en obstétrique reste incertaine en raison de l'extrême rareté des individus FORS1+. Toutefois, des études in vitro ont montré que certains anti-FORS1 peuvent activer le complément et provoquer une hémolyse des hématies FORS1+, notamment lorsque celles-ci sont traitées par la papaïne.
