L'hémorragie de la délivrance est une hémorragie d'origine utérine
Transfusion sanguine

Transfusion et grossesse

Durant la grossesse, l'hémoglobine baisse physiologiquement à partir de la huitième semaine de grossesse. Elle est due à l'augmentation du volume plasmatique alors que le volume des globules rouges augmente dans une proportion plus faible que le plasma. Cette anémie pose des problèmes lors de l'accouchement qui est source de saignement. Lorsque les saignements sont modérés, aucune transfusion sanguine n'est nécessaire mais parfois une hémorragie importante se produit.

 

Anémie durant la grossesse


Selon l'OMS, l'anémie durant la grossesse est définie pour un taux d'hémoglobine est  11 g/dL au cours des premier et troisième trimestres de la grossesse et par un taux d'hémoglobine au cours du deuxième trimestre ≤ 10,5 g/dL. L'anémie est sévère lorsque le taux d'hémoglobine est inférieur à 7 g/dL.

Lorsque l'anémie est associée à une ferritine basse, la patiente doit être traitée par supplémentation orale en fer et acide folique (la voir veineuse étant réservée à une intolérance digestive ou à la nécessité d'une correction rapide) afin de corriger l'anémie.

La transfusion sanguine en cours de grossesse est seulement recommandée lorsque l'anémie est mal tolérée, en cas d'hémorragie ou à proximité de l'accouchement.

 

Raison de l'hémorragie de la délivrance


La délivrance représente l'expulsion du placenta hors de l'utérus après l'accouchement, normalement en 15 à 30 minutes. Lorsqu'il est vide, l'utérus se contracte (il possède une couche musculaire, constituée de fibres musculaires lisses : le myomètre) afin d'assurer l'hémostase mécanique. La contraction utérine entraîne l'occlusion des artères restées béantes et permet d'arrêter le saignement. En cas d'hémorragie de la délivrance, cette hémostase mécanique ne se produit pas et entraîne un saignement abondant (> 500 mL) et potentiellement mortel. Cette hémorragie se complique en coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) qui est responsable du saignement ou qui l'aggrave.

Afin de prévenir au maximum ce risque, une injection d'ocytocine est réalisée dès la sortie des épaules de l'enfant. L'ocytocine provoque en effet la contraction des muscles lisses de l'utérus et accélère le travail. Cette hormone permet aussi à l'utérus de se rétracter après l'expulsion, pour qu'il retrouve sa position initiale. Cette hormone est synthétisée naturellement mais l'augmentation de sa concentration dans le flux sanguin diminue les risques d'hémorragie de la délivrance.

 

Hémorragie de la délivrance


L'hémorragie de la délivrance est une hémorragie d'origine utérine, survenant dans les 24 heures suivant l'accouchement. Elle n'intervient pas exclusivement lors d'accouchement par voie basse et peut également survenir lors des césariennes. L'hémorragie obstétricale ou post-partum est caractérisée par une perte de sang supérieure à 500 mL après l'accouchement par voie basse et supérieure à 1000 mL après une césarienne. Ce type d'hémorragie survient dans 5% des cas mais n'est pas systématiquement associée à une transfusion sanguine. Les transfusions sont mises en place lorsque les signes cliniques d'anémie sévère apparaissent chez la patiente. Malgré les transfusions, ce type d'hémorragie reste la première cause de mortalité maternelle.

L'hémorragie obstétricale peut être massive et s'associe souvent à une coagulation intravasculaire disséminée aiguë (CIVD) du fait de la présence de concentrations élevées de facteur tissulaire au niveau du placenta et de l'endomètre. Mais dans la majorité des cas, cette hémorragie est arrêtée par un traitement actif (médical, chirurgical ou radiologie interventionnelle) avant l'utilisation de produits sanguins labiles.

En cas d'hémorragie massive, les régles de gestion des hémorragies sont identiques. Il est recommandé également d'apporter du fibrinogène en complément des plasmas afin de maintenir une concentration supérieure ou égale à 2g/L.

 

Il est aussi recommandé aux femmes au début de leur grossesse de déterminer leur groupe sanguin dans un laboratoire connecté informatiquement avec l'Etablissement Français du Sang afin d'assurer, dans les plus brefs délais, la transfusion de produits sanguins compatibles en cas d'hémorragie.