L'informatique est essentielle à chaque étape de la transfusion
Transfusion sanguine

Informatique et transfusion

Informatique et sécurité transfusionnelle


L'informatique occupe aujourd'hui une place essentielle dans la sécurité transfusionnelle, depuis la gestion des données relatives au donneur jusqu'à la délivrance des produits sanguins labiles (PSL) au receveur. Elle contribue notamment à la traçabilité des produits, à la conservation et à l'accessibilité des données, à la sécurisation de la délivrance et à la gestion des informations relatives aux incidents transfusionnels.

Les systèmes d'information utilisés dans le domaine transfusionnel doivent également assurer la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des données, conformément aux exigences réglementaires applicables aux données de santé. L'informatique constitue toutefois un outil de sécurisation : elle ne se substitue pas aux procédures et aux contrôles réalisés par les professionnels de santé.

 

Information et suivi des donneurs de sang


Les informations relatives aux donneurs de sang sont enregistrées au cours des différentes étapes du don. Le système d'information permet notamment d'assurer le suivi des dons antérieurs et de conserver les informations nécessaires à la sécurité du donneur et à la gestion des produits issus de ses dons.

L'historique du donneur permet notamment de retrouver les informations relatives à ses dons précédents, aux dates de prélèvement, aux éventuels événements ou anomalies survenus lors des dons et aux éléments susceptibles d'avoir une incidence sur son éligibilité au don.

L'informatique contribue ainsi à assurer la continuité du suivi du donneur et la sécurité du processus de don.

 

Identification et traçabilité des produits sanguins


Dès le prélèvement, le don et les produits sanguins qui en sont issus sont identifiés afin de permettre leur traçabilité tout au long de la chaîne transfusionnelle.

Cette traçabilité permet de relier les différentes étapes du parcours du produit : prélèvement, préparation, qualification biologique, conservation, éventuels transferts entre sites, distribution ou délivrance, puis administration au patient.

Elle permet également de conserver les informations relatives à l'utilisation du PSL et aux éventuels incidents ou effets indésirables associés. La réglementation française prévoit notamment le recueil, la conservation et l'accessibilité des informations relatives au prélèvement, à la préparation et à l'utilisation des PSL dans le cadre de l'hémovigilance.

La traçabilité constitue donc un élément fondamental de la sécurité transfusionnelle et de l'hémovigilance.

 

Gestion des informations relatives aux patients


L'informatique joue également un rôle majeur dans la gestion des données des patients susceptibles de recevoir une transfusion.

Les résultats des examens immuno-hématologiques, notamment les données de groupage sanguin et de recherche d'anticorps, peuvent être enregistrés et consultés afin de prendre en compte les résultats antérieurs lors de la prise en charge du patient.

Les antécédents transfusionnels et les informations immuno-hématologiques importantes peuvent ainsi être intégrés au dossier transfusionnel du patient et contribuer à la sélection de PSL adaptés.

L'automatisation et l'informatisation de certaines étapes du laboratoire permettent par ailleurs de réduire les risques liés aux erreurs de transcription ou de saisie. Elles ne suppriment cependant pas la nécessité d'une validation et d'une surveillance par des professionnels qualifiés.

 

Sécurisation de la délivrance des produits sanguins


Les systèmes informatiques participent à la sécurisation de la délivrance des PSL. Les logiciels médico-techniques peuvent notamment couvrir les activités de collecte, de préparation, de qualification biologique, de distribution et de délivrance.

Lors de la délivrance, les informations disponibles peuvent être confrontées afin de vérifier la cohérence entre :

  • les caractéristiques immuno-hématologiques du patient ;
  • les caractéristiques du PSL ;
  • les résultats des examens nécessaires à la transfusion ;
  • les éventuelles règles ou prescriptions transfusionnelles applicables au patient.

Cette informatisation permet de réduire le risque d'erreur d'attribution ou de sélection des produits, mais elle ne permet pas de considérer le risque d'erreur comme nul.

La sécurité repose donc sur la complémentarité entre les systèmes informatiques, les procédures organisationnelles et les contrôles réalisés par les professionnels.

 

Contrôle ultime prétransfusionnel


Le contrôle ultime prétransfusionnel constitue une étape essentielle de la sécurité transfusionnelle. Il est réalisé en présence du patient, au moment de la transfusion.

Il comporte notamment :

  • le contrôle de concordance entre l'identité du patient, l'identification du PSL et les documents associés à la délivrance ;
  • pour les CGR, le contrôle ultime de compatibilité ABO entre le patient et le produit.

Ainsi, même lorsque la sélection et la délivrance du produit ont été sécurisées par un système informatique, le contrôle ultime au lit du patient demeure indispensable.

 

Sécurité en cas de panne informatique


Comme tout système technique, les systèmes informatiques peuvent être confrontés à une panne ou à une indisponibilité. La continuité de l'activité transfusionnelle doit donc être anticipée par des procédures de fonctionnement en mode dégradé et des dispositifs de secours.

Ces procédures doivent permettre de maintenir les activités transfusionnelles indispensables tout en conservant un niveau de sécurité compatible avec la situation clinique du patient. Les bonnes pratiques prévoient notamment que des mesures correctrices soient définies, testées et validées afin de faire face aux défaillances des systèmes informatiques en fonction du degré d'urgence.

En cas de panne, l'accès aux informations indispensables à la sécurité transfusionnelle doit être organisé par des moyens de secours préalablement définis. La délivrance des PSL ne doit pas reposer uniquement sur le fonctionnement du système informatique : les procédures de secours, la vérification des données disponibles et la vigilance des professionnels restent essentielles.