Les produits sanguins transfusés présentent des risques infectieux
Transfusion sanguine

Analyse des produits sanguins

Malgré les progrès considérables réalisés dans la sélection des donneurs, la qualification biologique des dons et la sécurisation des produits sanguins labiles, le risque de transmission d'un agent infectieux par transfusion ne peut pas être considéré comme nul.

La sécurité transfusionnelle repose sur plusieurs niveaux complémentaires : sélection médicale des donneurs, entretien pré-don, qualification biologique des dons, mesures d'ajournement en fonction des facteurs de risque infectieux, sécurisation de certains produits et surveillance par l'hémovigilance. Les critères de sélection des donneurs sont régulièrement actualisés en fonction de l'évolution des connaissances scientifiques et de la situation épidémiologique.

 

Risque de transmission de virus


Les principaux virus susceptibles d'être transmis par transfusion font l'objet de mesures spécifiques de prévention. La qualification biologique du don (QBD) comprend notamment la recherche des principaux marqueurs d'infections transmissibles par le sang et, pour certains virus, la détection génomique virale.

En France, les dons font notamment l'objet d'un dépistage des infections par les virus des hépatites B et C, du VIH et par les virus HTLV. La détection génomique virale est utilisée pour plusieurs de ces agents afin de réduire notamment le risque lié à la période précédant la détection sérologique de l'infection.

Le risque résiduel de transmission virale est aujourd'hui très faible, mais ne peut être totalement supprimé. Il peut notamment être lié à une infection très récente chez un donneur, avant que les marqueurs biologiques de l'infection ne soient détectables, ou à l'émergence d'un agent pour lequel aucun dépistage systématique n'est encore disponible.

D'autres virus peuvent exceptionnellement être transmis par transfusion, notamment certains virus responsables d'hépatites ou des arbovirus. Tous les agents infectieux susceptibles d'être transmis par le sang ne font cependant pas l'objet d'un dépistage systématique de chaque don. Des mesures complémentaires peuvent être mises en place en fonction de l'agent concerné et du contexte épidémiologique.

 

Risque de transmission bactériennes


La contamination bactérienne des produits sanguins labiles constitue un risque infectieux particulier.

Elle peut notamment résulter d'une contamination du produit au moment du prélèvement ou au cours de sa préparation. Ce risque est particulièrement important pour les concentrés plaquettaires, qui sont conservés à température contrôlée permettant la multiplication éventuelle de certaines bactéries.

Les bactéries responsables peuvent être d'origines diverses. Des bactéries appartenant notamment aux genres Staphylococcus, Streptococcus ou Bacillus peuvent être impliquées dans des incidents transfusionnels. Les données françaises montrent que le risque de contamination bactérienne est plus important pour les concentrés plaquettaires que pour les concentrés de globules rouges.

La prévention repose sur plusieurs mesures : sélection médicale du donneur, respect rigoureux des conditions d'asepsie lors du prélèvement, préparation et conservation adaptées des PSL, ainsi que surveillance des produits et hémovigilance.

 

Risque de transmission parasitaire


Certains parasites peuvent être transmis par transfusion, notamment :

  • Plasmodium spp., responsables du paludisme ;
  • Trypanosoma cruzi, responsable de la maladie de Chagas.

Le paludisme transfusionnel est lié à la présence de parasites dans le sang du donneur. Le risque concerne notamment les personnes ayant séjourné ou vécu dans des zones d'endémie.

La prévention repose principalement sur la sélection des donneurs et les mesures d'ajournement adaptées à leur historique de séjour ou d'exposition. Selon les situations, des examens biologiques spécifiques peuvent également être réalisés.

Il est important de ne pas associer le risque transfusionnel à l'origine géographique ou ethnique d'une personne : c'est l'exposition à une zone d'endémie et le risque individuel d'infection qui sont pris en compte.

 

Risque lié aux agents infectieux émergents


Les agents infectieux émergents constituent un défi particulier pour la sécurité transfusionnelle. Lorsqu'un nouvel agent apparaît ou lorsque sa circulation géographique évolue, les autorités sanitaires peuvent adapter les critères de sélection des donneurs et mettre en œuvre des mesures spécifiques de sécurisation des dons.

Les arbovirus constituent un exemple important. Le virus du Nil occidental (West Nile virus, WNV) peut être transmis exceptionnellement par transfusion. La France métropolitaine est désormais concernée par sa circulation, notamment dans les régions méditerranéennes, et la surveillance s'est étendue à d'autres territoires. En 2025, plus de 60 cas humains ont été identifiés en France, dans plusieurs régions.

La dengue et le chikungunya constituent également des risques émergents en métropole. L'année 2025 a notamment été marquée par une importante circulation autochtone du chikungunya, ainsi que par des cas autochtones de dengue et de WNV.

En fonction de la situation épidémiologique, différentes mesures peuvent être mises en œuvre : ajournement temporaire des donneurs exposés, sélection géographique des dons, dépistage biologique ciblé ou autres méthodes de sécurisation des produits.

 

Risque de transmission d'agents transmissibles non conventionnels


Les agents transmissibles non conventionnels (ATNC), notamment les prions, constituent une catégorie particulière d'agents infectieux.

Les maladies à prions comprennent notamment la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Certains de ces agents présentent des caractéristiques particulières qui rendent leur dépistage et leur élimination des produits sanguins particulièrement difficiles.

La prévention du risque repose donc notamment sur la sélection des donneurs et le respect de critères spécifiques d'ajournement ou de contre-indication au don chez les personnes présentant certains facteurs d'exposition ou certains antécédents.

La possibilité de transmission d'agents infectieux émergents ou non encore identifiés ne peut par ailleurs jamais être totalement exclue. Elle justifie une surveillance permanente de l'évolution des maladies infectieuses et une adaptation des mesures de sécurité transfusionnelle. La HAS rappelle notamment que la transmission d'agents émergents ou non encore identifiés ne peut être totalement écartée.

 

Risque lié à l'émergence de nouveaux agents infectieux


L'émergence d'un nouvel agent infectieux représente un risque particulier pour la transfusion sanguine. Au moment où un agent apparaît, plusieurs difficultés peuvent se présenter : absence de test disponible, période d'incubation mal connue, présence possible de donneurs asymptomatiques virémiques et absence initiale de mesures de prévention adaptées.

La sécurité transfusionnelle repose donc sur une veille sanitaire permanente, associant les données épidémiologiques, la surveillance des donneurs et des receveurs, la qualification biologique des dons et l'hémovigilance.

Lorsque cela est nécessaire, les autorités sanitaires peuvent rapidement modifier les critères de sélection des donneurs ou instaurer des mesures spécifiques pour limiter le risque de transmission. Les critères français de sélection des donneurs sont régulièrement actualisés en fonction de l'évolution des connaissances scientifiques et de la circulation des agents infectieux.